Bon nombre d’articles sont parus, paraissent sur l’internet (ou paraîtront encore) à propos du diaconat. Dans une récente pensée, je fais allusion à des refus de la part de candidats au diaconat et je me suis souvent posé la question de ce refus. Ensuite, j’ai constaté dans mon diocèse des tensions : tel prêtre dit être mal vu par l’évêché. Tel autre prêtre (d’origine Africaine) a fait l’objet d’une pétition pour qu’il reparte chez lui (!). Un jour, alors que je suis dans l’église en compagnie d’une Laïc qui s’occupe du catéchisme, nous rencontrons un autre Laïc disposant de fonctions au sein de l’Eglise, et il déclare : « c’est le bordel, la messe c’est bien, tout le monde est content, tout le monde est copain… mais quand tu sors de l’église plus personne n’arrive à se mettre d’accord…. ». Et combien d’autres témoignages de ce genre ? Dernièrement, une communauté se voit reçue par un prêtre pour le Baptême de leur enfant. Ces personnes se sont distinguées quelques temps avant ou après comme auteurs présumés d’une agression physique dans un fast food.

Alors quelle exemple donner à nos futurs générations ?

Lorsque j’étais jeune, au caté, il y avait une place pour la morale. Bien entendu, ce n’était pas une formule miracle; en sortant du caté nous étions bien recadrés, mais quelques semaines, voire quelques jours plus tard, les travers de certains reprenaient le dessus. Qu’à cela ne tienne, le prêtre (à l’époque c’était un prêtre et non un laïc ! et on allait tous au caté en vélo !) reprenait la leçon du repentir, du pardon etc. jusqu’à ce que ça rentre !  Aujourd’hui qu’en est-il ? donner l’absolution à tout le monde, certes, le Christ nous a appris à pardonner. Pardonner oui, mais aussi apprendre à l’autre, à le « coacher ». N’est-ce pas Pierre qui a tranché l’oreille de Malchus (serviteur de Caïphe) (Jean 18) ? Jésus l’a de suite repris, guérissant immédiatement l’oreille. Jésus n’a-t-il pas dit également « qui combat par l’épée périra par l’épée ? » (Mt 26).

A quoi servent alors nos prêches ? sont-ce des récitations ? n’y a-t-il pas besoin d’un peu de morale dans tout ceci ? Notre monde s’enfonce dans la violence, dans l’indifférence totale et tout le monde a l’air d’applaudir sur le bord de la route.

Je rencontre souvent quelques prêtres parce que je vais vers eux. Le lien est noué et s’ensuit une amitié. Je connaît également un diacre permanent, que je rencontre régulièrement.

Si je ne vais pas vers eux, aucun geste, aucune parole de leur part. Pire, certains ne répondent même pas à vos voeux…. triste constat d’un sacerdoce pourtant voué à servir. Mais à servir qui ? leur propre image ou celle du Christ.

Dans ce petit village, lors d’une de mes visites, un homme me parlait de « la femme du curé ». Son épouse avait eu quelques démêlés avec cette dame. Cherchant un peu plus loin dans son discours, je finis par comprendre qu’il parlait de l’épouse du diacre.

Quelle image mes frères ! Quelle image donnons-nous du sacerdoce ? Alors que le Christ était tout ce qu’il y a de plus doux, le reflet du Père. Alors que notre Sainte maman chérie, Marie notre maman bien aimée a toujours fait preuve de docilité, de tendresse, d’attention. Que devenons-nous ?

« Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5:13) : mais si le sel perd sa valeur…  Voilà à quoi nous devons penser, ne pas oublier, et surtout mettre en oeuvre. Il ne faut pas non plus que ce sel devienne du poivre !

Dans l’évolution de notre société, je note que la plus petite responsabilité donné à un homme devient alors pour lui gage de force et puissance envers et contre les autres. J’ai entendu les paroles d’un responsable du diaconat, annonçant : « c’est moi qui, je suis… devant l’évêque… ». Quelle belle preuve d’humilité. Il faut s’abaisser pour être élevé.

Je me souviens de mes années de caté, avec l’Abbé Pierre G ou encore l’Abbé B. faisant preuve d’une humilité grandissante. Nous montrant que la porte par laquelle nous devions entrer, c’était la petite porte. « il s’est abaissé, Dieu l’a exalté »

Alors suis-je devenu trop vieux ? trop aigri ?  Mes propos seront certainement repris, pensés répétés etc. Je ne regrette pas ce que j’écris: j’aimerais seulement un peu plus de compassion de la part des ministères ordonnés. Toutes les brebis sont là, certaines sont égarées et ne demandent qu’à être ramenées vers le troupeau. Les loups sont souvent aux aguets, prêts à bondir sur le premier agneau qui s’éloigne.

Evêques, Prêtres et Diacres, je pris pour que vous retrouviez le chemin du bon pasteur, celui qui rassemblera l’ensemble de son troupeau, comme le fait actuellement notre Saint Père François.