« Si le Seigneur ne bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain » C’est avec le Psaume 126 que je débute cette réflexion, car nous pouvons faire ce que nous voulons, déclarer ce que nous déclarons, mais si le Seigneur ne vient pas à nos cotés, c’est en vain que nous aurons travaillé. La conséquence est que notre travail ne portera pas de fruit.

Voilà pourquoi il est nécessaire de sans cesse :

1. demander de l’aide au Seigneur dans ce que nous faisons. Ne pas vouloir édifier sans lui ou sans sa volonté ou encore sans son accord en ne décidant que de notre volonté: « que ta volonté soit faite », sous-entendu « et non la mienne ! ». Tout doit se faire Par lui, Avec lui et En lui.

2. Le remercier sans cesse pour l’aide qu’il nous apporte dans l’accomplissement de sa volonté. Surtout, que nous ne nous réjouissions pas d’un acte comme venant de nous-même : « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5)

Et notre plus grand travail c’est l’édification de l’église, pour la plus grande gloire de Dieu. Seulement voilà, après avoir évangéliser, que faire ?

Le cultivateur sème-t-il son grain pour attendre ensuite qu’il germe ? Et une fois germé, attend-il patiemment qu’il grandisse sans s’en occuper ? Le Christ a-t-il laissé ses disciples dans l’attente et dans la solitude ? Il les a revue ensuite sur le chemin d’Emmaüs et sur les bords du lac. Régulièrement il rend visite à ceux qui lui ouvrent leur coeur.

Alors pourquoi laissons-nous nos frères dans la solitude ? La communion lors de la messe dominicale n’est pas une fin en soi : le messe est un pivot de notre foi, et c’est sur elle que se base notre foi, et plus particulièrement sur l’évangile et l’homélie qui la suit. Et donc, comme tout pivot tourne sur un axe, nous devons aussi en semaine nous tourner chaque jour vers notre Seigneur et par voie de conséquence, vers notre prochain. Tout comme notre bien aimé a jeté la semence, il envoie aussi des ouvriers pour la moisson : « La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. »

Que faire alors quand on refuse les ouvriers que le maître envoie pour la moisson ? Est-ce à nous de décider qui sera ouvrier et qui ne sera pas ?

On encense aujourd’hui beaucoup de personnes sous prétexte qu’il font le bien, on leur propose des places au premiers rangs… Souvenez-vous d’abord dans Matthieu 6:3 : « Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret. Et aussi dans Luc 14:8 : « Lorsque tu seras invité par quelqu’un à des noces, ne te mets pas à la première place…« . Ces deux affirmations de notre bien aimé vont toutes les deux dans le même sens : l’humilité. Une qualité qui n’est pas innée, mais au contraire qui se travaille jour après jour. Dans une entrevue, un diacre de mon diocèse déclarait au journaliste que son diaconat est un chemin de lumière. Or, dans Matthieu 5 : « on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. » Mais cette lumière l’éclaire lui et ses compagnons. Or, le Seigneur nous demande d’éclairer aussi ceux qui sont dans l’obscurité. Si quelqu’un tombe, aide-le à se relever. Ceux qui, aux derniers temps ne seront pas sauvés, nous devrons nous aussi en rendre compte : le Christianisme n’est pas un club dans lequel on doit entrer par cooptation, par parrainage, par désir de briller ou que sais-je. Et plus encore lorsqu’on est diacre, car il s’agit de service et non d’être servi dans la superbe. Au même titre que le Christ a lavé les pieds de ses apôtres, nous devons faire la même chose. Et pour cela, il sera nécessaire et indispensable de nous abaisser !

Que la paix de notre Seigneur Jésus Christ vous accompagne, et surtout qu’il vous guide vers ceux qui nécessitent sa parole, pour les abreuver de son Amour.