François-Olivier Touati est professeur d’histoire médiéval à l’université de Tours. Il nous explique ici que depuis la première épidémie de peste, ce mot est resté gravé dans notre mémoire, jusqu’à être utilisé pour nommer chaque épidémie qui s’est déclarée depuis sa « découverte ». En fait, le bacille en question n’a été identifié qu’en 1894…en Chine !

Rassurez-vous, mon article ne va pas faire la chronologie des épidémies, ni basculer dans la psychose comme le font certains prédicateurs qui prétendent que ce fléau vient de Dieu. Non, je serais plus simple dans ce que je veux vous dire. Alors pourquoi ce titre ?

Tout comme la peste a été capable de décimer une grande partie de la population mondiale, le covid-19 est, lui aussi un fléau qui a causé bien des ravages et continue d’en causer.

Certains pensent que cette maladie est une punition de Dieu: j’aimerais leurs dire que Dieu ne punit pas sur terre. La punition, en quelque sorte, elle vient après; vous avez tout le loisir de changer lorsque vous êtes sur terre et cela, même juste avant votre mort, à l’instar de Dismas le « bon larron ». Combien de fois n’ai-je pas entendu : « les bons s’en vont, les mauvais restent ». C’est parce que Dieu, dans son infinie miséricorde donne encore du temps aux « mauvais » pour changer de comportement, pour s’amender. Ceux que nous considérons comme « bon » auront peut-être droit à la vie éternelle, mais cela est du ressort de notre Seigneur.

Donc, Dieu ne punit pas, la punition vient après, au purgatoire ou dans la Géhenne. Mais alors, quel rapport avec notre épidémie ?

Vous remarquerez sans doute que cette épidémie mets l’économie mondiale à terre: beaucoup de pays entrent en récession. Ce terme à lui seul est presque une punition. Il est frustrant car il évoque des mois, voire des années de difficultés financières pour les familles; lorsque les gouvernements voudront remonter leur économie, ils feront appel aux « bras du peuple ». Plus d’effort, c’est ce que nous entendons déjà de la part de certains dirigeants, ministres et autres chefs d’entreprises…

On se rend bien compte que face à un petit virus, même les plus grandes économies mondiales sont démunies. Rappelez-vous le Psaumes 32 : « …Le salut d’un roi n’est pas dans son armée, ni la victoire d’un guerrier, dans sa force. Illusion que des chevaux pour la victoire : une armée ne donne pas le salut… ». Alors relisez bien ce Paumes et vous comprendrez que l’objectif que se donne une nation de se montrer la plus forte, la plus riche est un objectif perdu d’avance. Baser la puissance d’un pays sur l’argent est pure perte. Le Psaume 48 nous le dit : « …Ne crains pas l’homme qui s’enrichit, qui accroît le luxe de sa maison : aux enfers il n’emporte rien ; sa gloire ne descend pas avec lui. De son vivant, il s’est béni lui-même : « On t’applaudit car tout va bien pour toi ! » Mais il rejoint la lignée de ses ancêtres qui ne verront jamais plus la lumière ». Combien de fois le Christ ne nous a-t-il pas dit de ne pas prêter allégeance à mammon, (ou se vouer à la triple concupiscence) : « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. » (Matthieu 6:19). ou dans Luc 16:13 : « Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » Lisez encore Luc 12:18, et les exemples ne manquent pas.

Aujourd’hui, on entend parler de concerts, de collectes de fonds en faveur des soignants. L’épidémie fait peur, elle remet un peu de conscience dans les esprits. Je dis bien « un peu ». Mais qu’en sera-t-il dans quelques mois, dans un an ?

Je pense que cette épidémie est l’occasion de  nous remettre en cause; remettre en cause notre manière de vivre en voulant tout posséder au détriment de nos semblables. La course au pouvoir, à la possession… la triple concupiscence. Cette épidémie n’est certainement pas une punition de Dieu, au contraire j’y vois une épreuve, comme cela fut souvent le cas. Dieu nous éprouve comme le feu éprouve l’or (cet or voué pourtant à disparaître [1P 1:7]). Elle est là pour nous abaisser devant Dieu, afin de nous faire comprendre que nous ne pouvons rien sans lui.

Dernièrement, un dirigeant Européen s’en est remis à l’aide de Dieu et de la Vierge Marie en brandissant un chapelet en plein discours. La lecture de la Bible nous apprend que même le diable peut se réclamer de Dieu pour arriver à ses fins. De même que la dévotion opportuniste n’est pas une option pour Dieu. Personne ne doit utiliser la religion pour imposer sa manière de penser, de faire, de diriger. Seul Dieu décide et nous sommes là pour exécuter en lui déclarant notre amour, notre dévotion, notre crainte, notre obéissance…

Demeurez dans la douce et Sainte dilection de Dieu, doux Jésus, Jésus Amour